• Votre panier est vide.
Rechercher
Image Alt

Freda

  /  Divertissement   /  Freda

Freda

‘Freda’: Revue de Cannes

PAR ALLAN HUNTER 14 JUILLET 2021

Les débuts en créole d’Haïti scintillent à Cannes Un Certain Regard 

Freda

SOURCE: NOUR FILMS

‘FREDA’


Dirs/scr : Gessica Geneus. Haïti/France/Bénin. 2021. 94 minutes

Lorsque votre patrie glisse dans le chaos, restez-vous ou fuyez-vous ? C’est le dilemme auquel est confronté le personnage principal du premier long métrage en créole de Gessica Geneus, Freda. L’histoire de l’avenir incertain d’une jeune femme se transforme en une célébration subtile de la résilience étayée par une évocation vivante de la vie en Haïti. Un autre intérêt du festival devrait suivre pour un film qui fait de Geneus un talent à regarder.

es chances contre Freda et les problèmes auxquels fait face Haïti rendent son défi d’autant plus engageant.

L’actrice, chanteuse et réalisatrice Geneus tisse des aspects de sa propre vie et de son expérience dans une histoire qui se déroule en Haïti en 2018. Le public saura que les choses n’ont fait que se détériorer depuis lors, avec des tensions encore accrues après l’assassinat du président du pays le 7 juillet. 2021. Cela lui donne une résonance supplémentaire alors que nous regardons l’étudiante en anthropologie Freda (Bastien) travailler dans l’épicerie familiale de Port-au-Prince.

Individuellement et collectivement, sa famille reflète les défis de l’Haïti moderne. Frère Moïse (Cantave Kerven) s’attend à être servi, gaspille de l’argent pour de nouveaux entraîneurs et n’est jamais là quand il y a du travail à faire. Sa jeune sœur Esther (François) blanchit sa peau, se redresse les cheveux et lance ses yeux à tout homme qui pourrait être une prise de prix. La mère pragmatique Jeannette (Remy) s’occupe d’eux tous, offrant un amour dur. La performance fougueuse de Bastien fait briller Freda par sa détermination à défier les réalités quotidiennes d’un pays à la merci de politiciens corrompus, de gangs et d’un héritage colonialiste qui cherche à effacer la langue, la culture et l’identité. 

Face à l’escalade de la violence, le petit ami artiste de Freda, Yeshua (Jean), veut partir et commencer une nouvelle vie en République dominicaine. Il veut que Freda le rejoigne.

Freda est un film de contrastes et d’éclairs. Des scènes dans le magasin familial, débordant sur un trottoir de façades de maisons peintes de couleurs vives, semblent théâtrales, tandis que d’autres, comme celles des rues de Port-au-Prince, ont une urgence semblable à celle d’un documentaire. La ferveur d’un service chrétien se heurte à l’agitation croissante des danses rituelles lors des commémorations du Jour des Morts. Les conversations en classe entre Freda et ses pairs ont l’air de Land And Freedom (1995) de Ken Loach alors qu’elles débattent de politique, de religion et des lourdes ombres de la domination coloniale. Ils discutent des mérites de la protestation pacifique, de la révolution et de l’action directe. « Nous ne cherchons pas à faire de la politique, monsieur », répondent-ils à un conférencier censeur. « Il nous cherche.

La directrice de la photographie Karine Aulnette place le spectateur en plein cœur de Port-au-Prince. Elle semble avoir filmé au milieu des manifestations alors que des gens courent dans les rues pour exiger la fin de la corruption. Nous entendons des coups de feu, voyons la ruée vers la sécurité et nous sentons que Port-au-Prince est une frontière sans loi.

La représentation de Port-au-Prince embellit l’histoire humaine plutôt que de la dominer. Nous réalisons le monde que Freda doit négocier et la façon dont chaque action a des conséquences. Il est si tentant de partir et si difficile de rester et de se battre pour quelque chose de mieux. Il y a une représentation complexe de la relation entre le personnel et le politique qui rappelle les films de Marta Meszaros.

Une grande partie du tableau d’ensemble est une compréhension de l’oppression subie par les femmes dans un pays où la beauté est un prix pour un homme puissant, l’éducation est rejetée comme un luxe inutile et le changement ne viendra que si les femmes elles-mêmes rompent avec la tradition et défient attentes. Les chances contre Freda et les problèmes auxquels fait face Haïti rendent son défi d’autant plus engageant.

Sociétés de production : SaNoSi, Ayizam Productions, Merveilles Productions

Ventes internationales : Nour Films   [email protected]

Producteurs : Jean-Marie Gigon, Gessica Geneus, Faissol Gnonlonfin

Photographie : Karine Aulnette

Montage : Rodolphe Molla

Conception graphique : David Charlier

Acteurs principaux : Néhémie Bastien, Djanaina François, Fabiola Remy, Jean Jean

Rédiger un commentaire

Register

You don't have permission to register