Le rappeur Don Karnage ne l’est plus

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Don Harley Fils-Aimé
Don Karnage. Fondateur de CIAM.
Prof de français, d’anglais, de kreyòl et d’espagnol.
Facebook: @ciamenligneyoutu.be/p4Jn2iHRUfI
Le rappeur Don Karnage, de son vrai nom Don Harley Fils-Aimé, s’est éteint le 11 janvier 2022. Ce serait un cancer qui l’aurait emporté.
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Don Harley Fils-Aimé était également un enseignant à Montréal-Nord. Il a également dirigé l’organisme Culture X. Il y offrait entre autres des cours de musique gratuitement aux jeunes défavorisés. Il a fait paraître deux albums en carrière, soit Vice-Versa en 1999 et Bouge en 2002.
Moult personnes ont tenu à lui rendre hommage sur les réseaux sociaux. Notamment Christine Black, la mairesse de Montréal-Nord. « Engagé, passionné et surtout amoureux de Montréal-Nord, je tiens à le remercier pour tout ce qu’il a fait. […] Au nom de tous les nord montréalais et nord montréalaises, j’offre mes plus sincères sympathies à sa femme, sa douce-moitié comme il le disait si souvent, à ses enfants, sa famille et ses nombreux amis, autant à Montréal-Nord qu’ailleurs. Repose en paix cher Don et merci pour tout », peut-on lire sur la page Facebook de la mairesse.
Crédit photo: Page Facebook de Don Harley Fils-Aimé
Ancien chanteur, Don Harley Fils-Aimé dirige un organisme qui offre des cours de musique gratuits aux jeunes de Montréal-Nord. S’il souhaite faire émerger une future vedette, il espère surtout donner une leçon de vie aux adolescents en difficulté.
À la fin des années 1990 et au début de la décennie suivante, Don Karnage, son nom de scène, ne rêvait que d’une chose: briller. Avec ce mélange de hip-hop et de musique antillaise, le Nord-Montréalais écumait les plateaux de télévision et les scènes. «Mais maintenant, il est temps de redonner», sourit l’intéressé, avant de partir, sa guitare dans les mains, pour donner un cours de chant à l’un de ses élèves. Son nouveau quotidien.
Depuis la fin de sa carrière musicale, Don Harley Fils-Aimé a rejoint les rangs de Culture X. Directeur de cet organisme communautaire depuis 2013, il sillonne son arrondissement, en compagnie de sept autres professeurs, à la rencontre des jeunes du quartier nord-est, le secteur le plus touché du pays par la pauvreté et le décrochage scolaire.about:blank
Son but: «attirer ces ado avec ce qu’ils aiment. Et qui n’aime pas la musique ?», questionne, avec un large sourire, celui qui enseigne également le français et l’anglais auprès d’autres organismes.
«La musique, c’est un prétexte»
Sa règle est simple. Pour rejoindre Culture X et bénéficier gratuitement de cours de batterie, piano, chant, montage vidéo ou encore d’écriture de chanson, deux critères s’imposent: avoir plus de 17 ans et ne pas être scolarisé à plein temps.
«Le but, c’est de garder ces jeunes hors de la rue. Mais on ne veut surtout pas les sortir de l’école. Au contraire, on leur explique qu’il faut y retourner», insiste celui qui travaille en partenariat avec le Centre Louis-Fréchette.
«On veut leur enseigner des compétences techniques, qu’ils pourront vendre plus tard sur le marché du travail, mais aussi génériques, comme le travail en équipe, la persévérance, la connaissance de soi, le fait d’arriver à l’heure ou encore d’accepter les critiques. La musique, c’est un prétexte, clame Don Harley Fils-Aimé. Ce n’est pas juste du savoir-faire, mais aussi du savoir-être.»

Un aspect éducatif
Un sentiment confirmé par l’artiste E’ly, 31 ans, qui a pu réaliser son premier clip avec Culture X. «Le plus beau jour de ma vie», assure-t-il.
Alors que d’autres élèves passés par l’organisme ont déjà eu l’occasion de percer, à l’image de la Prairivoise Virginie Péloquin, passée par La Voix en 2013, E’ly insiste sur l’aspect éducatif.
«C’est une école pour réussir, mais pas forcément musicalement parlant», précise le rappeur de 31 ans, qui réalise également régulièrement des conférences auprès des jeunes.
«Avant, j’étais danseur professionnel. J’ai eu un accident de voiture qui m’a paralysé une jambe. Mais la musique m’a permis de ne pas sombrer, raconte-t-il. Avec Culture X, j’ai appris à écrire et on m’a aidé pour atteindre mon but.»
Faire briller Montréal-Nord
Des ambitions, Don Harley Fils-Aimé, également porte-parole du Regroupement des intervenants d’origines haïtiennes de Montréal-Nord, n’en manque pas. Alors qu’il espère monter un spectacle et une tournée dans l’ensemble des Maisons culturelles de Montréal l’année prochaine, l’ex-chanteur aimerait «attirer une nouvelle et belle lumière» sur son arrondissement natal.
«Je veux que les artistes de Montréal-Nord arrivent à briller, que le Québec et même le reste du monde découvrent cet arrondissement et l’apprécient, révèle-t-il. J’aimerais tellement que la prochaine Céline Dion vienne d’ici, ce serait fascinant.»
Pour contacter Culture X: http://www.cultureXmusique.com ou [email protected]
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Décès de Don Karnage : «il aidait tellement de jeunes de Montréal-Nord»
Anne-Lovely Etienne
BILLET – On dit que les meilleurs partent en premier. Cette formule prend tout son sens avec le décès de Don Harley Fils-Aimé, décédé d’un cancer dans la nuit du 10 janvier. Connu du grand public sous le pseudonyme de Don Karnage, qu’il utilisait comme nom de rappeur dans les années 2000, il a touché des milliers de cœurs dans sa communauté, dont le mien…
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J’ai rencontré Don lors d’un tournage du talkshow web Le Donny Show en 2018. Mon père venait de mourir. J’étais arrivée sur le plateau avec un cœur triste, mais le sourire aux lèvres.
L’énergie de Don avait su me réconforter, comme s’il partageait ma peine. C’était ce genre d’humain : il savait illuminer les âmes les plus tristes.
Il m’avait confié me suivre sur les réseaux sociaux et m’avait dit être fier de voir une femme noire comme moi, évoluer dans les médias québécois et que les jeunes de notre communauté avaient besoin de modèles positifs.PublicitéPublicité
Justement. Ces jeunes. C’était l’essence même de son passage trop court sur Terre.
UN PÉDAGOGUE PASSIONNÉ
Fougueux amateur de musique, il était très impliqué comme directeur du centre communautaire Culture X, qui offre gratuitement aux jeunes artistes des ateliers de l’art de la scène.
Photo d’Archives AGENCE QMIDon Harley Fils-Aimé, alias Don Karnage
Il y a enseigné durant plusieurs années l’écriture de chanson et c’est là que la mairesse de l’arrondissement de Montréal-Nord, Christine Black, l’a connu.
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMIChristine Black, photo d’archives
«Bien avant mon entrée en politique, j’ai connu Don qui s’impliquait beaucoup auprès des jeunes du quartier. De fil en en aiguille, Culture X était devenu un grand projet», se remémore-t-elle.
«C’était un homme très engagé et généreux de sa personne. Il faisait vraiment partie du paysage communautaire à Montréal-Nord. C’était vraiment un grand homme. C’est ce qui résume ma pensée», poursuit-elle.
Sacha-Wilky Merazil, 27 ans, témoigne aussi de l’impact que Don a eu dans sa vie.
«Je me souviens lorsque j’étais enfant, mes grandes sœurs l’écoutaient à Musique Plus», dit-il.
«Puis, j’ai voulu me présenter comme candidat aux élections municipales à Montréal-Nord, en 2017 alors que je n’avais que 22 ans. C’est là que notre relation s’est solidifiée. Il m’appuyait parce qu’il voyait en moi un avenir prometteur comme jeune de la communauté haïtienne, et ça, je ne l’oublierai jamais», dévoile-t-il.
Gabriel Champagne, un jeune artiste, m’a écrit pour me partager l’impact positif que Don a eu dans sa vie.
«J’étais un grand fan lorsque j’étais enfant. C’est grâce à lui que j’ai commencé à rapper», me raconte-t-il.
«Je l’ai côtoyé les trois dernières années. Il m’a énormément aidé et aidait tellement de jeunes de Montréal-Nord. J’ai eu la chance d’être supporté par lui dans les moments où j’en avais grandement besoin», confie-t-il.
Guys, j’aurais pu partager des centaines et des centaines de témoignages comme ceux-ci… Des témoignages de jeunes comme de moins jeunes, car Don enseignait également le français et l’anglais aux nouveaux arrivants.
LA COMMUNAUTÉ DU HIP HOP EN DEUIL
Bien avant Dubmatique, Corneille ou encore Sans Pression, il y a eu Don Karnage. Il était le vétéran du hip hop québécois à la fin des années 90 et au début des années 2000.
Back in the days, son vidéoclip DON ONE passait sur les ondes de Musique Plus et à la radio et à ma connaissance, c’était l’un des premiers artistes noirs à connaître un tel succès commercial, doté d’un son nouveau au Québec.
Mardi, l’humoriste Renzel Dashington, aussi ancien gérant du chanteur Corneille, nous a remémoré sa popularité au Salon Pepsi Jeunesse, lors d’un Instagram Live à son hommage.
Le rappeur Sans Pression a également publié sur sa page Instagram : «Straight 2 Heaven, I know cuz you was an angel. Thanks big bro pour tous les conseils.»
C’était bien Don. Le «Don» de soi.
Merci Don d’avoir touché autant de cœurs. Merci d’avoir fait ressortir le meilleur de tous ceux qui ont croisé ton chemin. Merci d’avoir toujours agi au nom de la bienveillance, car aujourd’hui plus que jamais, elle est essentielle…
Mes plus sincères condoléances à sa femme, ses enfants, sa famille et ses proches.